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Longtemps délaissée, la structure plus que centenaire de
poteaux et de poutres en béton qui formait le long de la Seine
les Magasins généraux, un dock demarchandisesinstallélespiedsdansleau,
reprend vie. À situation exceptionnelle, programme très
en vue: une Cité de lamode et du design, quimêle lInstitut
français de la mode, un espace événementiel pouvant
accueillir des défilés, des boutiques et des restaurants.
Sur la trame tridimensionnelle initiale de trois niveaux longue de 200
mètres sur plus de 40de largeur judicieusement conservée
et auxbétons anciens ravivés - cest une des plus anciennes
de ce typeenFrance-,estvenuesegrefferunesuperstructure encharpentemétalliqueetunensembledecirculations
dacier et de verre en porte-à-faux sur la Seine baptisé
« plug-over ». Lidée a été de progressivement
et virtuellementdéformer larigidetramedubâtiment industriel
pour lemmailloter dansunhabillagemouvant et dynamique, telle une
plante verte qui aurait lancé ses lianes tout autour du bâtiment
conservé.
Àla possibilité de protéger ainsi lexistant
sest ajoutée la faculté de créer ainsi de nouveaux
espaces de circulation en épaississant le bâtiment. En toiture
une généreuseterrassepanoramiqueenpartievégétalisée
et couverte dun platelage en bois est offerte au public, avec des
liaisons piétonnes vers le quai haut et vers la Seine.
Les superstructures métalliques sont portées par un système
de portiques verticaux suspendus à la rive haute du bâtiment
existant espacés tous les 2,50 mètres. Ces portiques sont
reliés entre eux par des traverses bi-articulées, assemblées
par boulonnage.
Ces portiques sont formés dune poutre convexe faite de segments
successifs en tubes de 168mmde diamètre et dépaisseur
variable entre 6 et 12,5 millimètres.
Les facettes supérieures sont contreventées par des diagonales.
Chaque portique est naturellement différent, ce qui a nécessité
unemodélisation poussée en 3D de la très complexe
géométrie de lensemble.
Les portiques au droit de la trame en béton sont dimensionnés
et peints dune peinture intumescente pour avoir une stabilité
au feu de 90 minutes. Les 640 panneaux qui constituent la peau vitrée
en vitrage sérigraphié simple mais dépaisseur
variable pour tenir compte des portées qui varient entre 0,60 et
2mètres viennent sinscriredans les facettes trapézoïdales
et planes créées par les portiques. Le chantier a été
rondementmené en 16mois.Les quelque 3 050 barres pour leplug-over
soit 90 tonnes- et les 1 600 pour chaque toiture ont été
débitées sur desmachines à commande numérique
à partir des fichiers 3D, montés à blanc sur des
marbres de 15x4 mètres.
Les goussets dassemblage une fois positionnés ont été
soudés dans leur position définitive.Cette préfabrication
très poussée, qui a exigé un temps environ dix fois
plus long que pour une charpente traditionnelle soit 150 heures
par tonne a permis un montage rapide sur le site, directement approvisionné
par barges depuis la Seine.
Bertrand Lemoine
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